Travail en musique ou comment saturer sa mémoire de travail

Qu’est-ce qu’un élément perturbant pour la mémoire de travail ?

Le téléphone qui sonne, le bruit de la télévision, votre collègue de travail qui parle alors que vous lisez cet article si intéressant…

Quand l’utilisons-nous ?

Lorsque nous réalisons une recette de cuisine pour la première fois, nous lisons les ingrédients puis nous sortons les ingrédients dont vous avez besoin,

Lorsque nous prenons des notes,

Lorsque nous lisons un texte…

Nous n’avons pas vraiment conscience de l’utiliser et les enfants encore moins ! Lorsqu’ils réalisent une opération mathématique par exemple, certains ont même l’impression que le résultat leur arrivent « comme ça », comme par magie. Or, le résultat n’arrive pas de manière magique mais est bien la conséquence d’opérations mentales nécessitant un stockage.

Lorsque l’enfant commence à lire, cette mémoire de travail est importante car il va lui falloir « retenir » le début du mot qu’il vient de lire pour l’associer à la fin du mot qu’il est en train de déchiffrer.

Par exemple quand un lecteur débutant lit le mot LUNE, il va commencer par lire LU puis NE, quand il aura lu NE, le LU sera dans sa mémoire de travail et il lira alors LU-NE.

Que se passe-t-il lorsque je travaille en écoutant de ma musique ?

« Tellement cool » pensent les ados de travailler en musique !

Et nous les voyons réviser leur leçon le casque incrusté dans leurs oreilles, si ce n’est pas leur musique qui envahit toute la maison.

 

Dessin smiley avec un casque sur les oreilles

Ecouter de la musique en travaillant « trop cool » disent les ados et en même temps, cela est loin d’être « cool » pour être dans de bonnes conditions de mémorisation.

 

Alors que se passe-t-il ?

Lorsque nous révisons une leçon, nous la lisons.Pour la lire, nous utilisons notre mémoire de travail et notamment notre boucle phonologique. C’est cette boucle phonologique qui va me permettre de transformer les lettres en sons (de les traduire en quelque sorte).

C’est une subvocalisation consiste à se dire les mots dans sa tête sans les prononcer (comme une petit voix intérieure). Cette répétition est un acte volontaire. C’est cette boucle phonologique qui sert  à stocker des informations verbales, de manière momentanée. La subvocalisation est nécessaire pour mémoriser et comprendre.

Prenons un exemple : si je vous demande de répéter un mot dans une langue inconnue, vous allez dans un premier temps essayer de repérer des unités sonores que vous connaissez et les répéter. Vous allez chercher dans votre stock phonologique. Cela amène à un point important : la dépendance avec la mémoire à long terme et plus exactement la conscience phonologique : notre stock phonologique (dans notre mémoire à long terme puisqu’appris, mémoriser et stocker) se construit grâce au développement de notre conscience phonologique.

Du coup, nous comprenons mieux ce qui met en difficulté un dyslexique ayant une conscience phonologique peu efficiente : il aura donc une mémoire de travail verbale plus courte que la norme. Il ne trouve pas dans son stock phonologique la traduction adéquate « en son » et doit donc faire appel encore plus à sa mémoire de travail pour procéder à cette « traduction ».

 

Du coup, nous comprenons mieux également ce qui met en difficulté les personnes ayant des problèmes d’attention (je pense bien aux TDAH) : cette opération mentale est coûteuse en terme d’attention.

Que se passe-t-il lorsque nous écoutons de la musique ?Si j’entends normalement, mon cerveau va donc « entendre » des paroles et pour cela, il va utiliser aussi cette boucle phonologique.

Cela n’est valable que pour la musique ?

Non ! Bien sûr.

Musique, télévision, radio, salle bruyante, voisin qui bavarde…

Ces bruits viennent altérer notre mémoire de travail. Notre attention aussi. L’attention est en outre une fonction extrêmement fragile, préservez-la !

Les conditions idéales pour réviser ses leçons : le silence.

Alors quand écouter de la musique ?

La musique peut aussi aider à la concentration lorsqu’elle est écoutée avant une tâche.

Travailler en silence permet de bénéficier de toute la capacité de sa mémoire de travail.

 

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